Est-ce normal que mon enfant se masturbe? Comment réagir?

La sexualité infantile s’éveille au gré du vécu, des circonstances, sans préméditation. C’est fortuitement, en touchant ses zones génitales, qu’il va remarquer que caresser ces endroits est agréable. Au départ, il ne recherche pas ce plaisir, comme le fait l’adulte, mais le découvre. Se rendant progressivement compte que cela lui donne des sensations particulières, il va répéter ces gestes pour mieux comprendre ce qui se passe dans son corps. D’où des comportements compulsifs, «un peu comme lorsque l’enfant joue avec un nouveau cadeau», illustre Sophia Lessard.

En général cette découverte se fait entre la 2e et la 3e année. Selon certaines recherches, le tiers des enfants entre 3 et 8 ans pratique l’autostimulation.

Sans honte ni culpabilité

La masturbation est une pratique naturelle qui dure toute la vie. L’enfant doit pouvoir s’y adonner sans se sentir coupable pour apprendre le fonctionnement de son corps, ce qui lui permettra d’avoir une vie sexuelle adulte satisfaisante.

Dès lors, comment réagir lorsqu’on découvre son enfant en train de se caresser en regardant son dessin animé préféré? En aucun cas, il faut lui dire quelque chose de culpabilisant ou d’effrayant comme: «Arrête ou ton zizi va tomber!» ou «Arrête et va te laver les mains!» ou «Va faire ça dans ta chambre!». Ce sont là des phrases qui risquent de faire assimiler à l’enfant la sexualité et sa zone génitale comme quelque chose de sale ou de honteux, et qu’on ne peut le toucher qu’en cachette. De même, le fait d’essayer de faire diversion à chaque fois, en lui proposant une autre activité, constitue un message négatif, qui va l’inciter à se cacher pour s’auto-stimuler, tout en le culpabilisant.

Apprendre l’intimité

Le moment où l’enfant commence à se masturber est donc aussi l’occasion de lui apprendre la notion d’intimité, qu’il y a droit et que son corps lui appartient. «Il faut préciser que l’intimité ne signifie pas « en cachette »», souligne Sophia Lessard. On lui dira plutôt que l’intimité, à la maison, c’est de s’isoler dans un endroit comme sa chambre, où il est seul et tranquille, sans être dérangé pour faire toutes les choses qu’il aime: dessiner, bricoler, regarder des livres, etc. «Au-delà du bien et du mal, on apprend ainsi des règles de sécurité à l’enfant sans lui transmettre la peur. Car lorsqu’il s’explore son intimité, personne ne pourra le voir et mal interpréter ses gestes ou être tenté de l’initier à d’autres pratiques», ajoute la spécialiste. Cette sécurité de son apprentissage de la sexualité est donc aussi un moyen de prévenir les abus sexuels.

Quand s’inquiéter?

La masturbation peut néanmoins être le signe d’un trouble en lien avec un événement particulier. Par exemple, si l’enfant a vu des images pornographiques, s’il a assisté à un rapport sexuel entre adultes, ou encore s’il a été involontairement initié à des comportements sexuels inappropriés par d’autres enfants, plus âgés. Il faut s’en inquiéter et consulter un sexologue lorsque l’enfant pratique la masturbation de façon compulsive, au point de se faire mal, d’irriter ses parties génitales et de délaisser ses autres centres d’intérêt.

olfa hafsi

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